Les réseaux sociaux loins d'être là pour se faire un cercle 'd'amis' finissent par devenir des vitrines ou chacun vend son image. Voilà une vision peu flatteuse mais pas si loin de la vérité. Que se soit FB, Twitter, Insta...où l'on poste des vidéos, des photos de soi, de ses relations, de ses opinions politiques, de ses engagements alimentaires...chacun partage un morceau de sa vie.

De la photo du chien, aux fleurs sur le balcon, du nouveau maillot de bain, à l'annonce de son prochain voyage ou sa peinture, ces espaces privés sur notre écran, sont en faite des espaces publics pour partager un instantanée de son film.

Ces réseaux sociaux nous amènent aussi à rencontrer des êtres qui partagent notre vision, nos activités, nos passions. Nous y retrouvons des connaissances perdues de vu et à travers quelques photos, commentaires, nous avons des nouvelles "fraiches". Ces relations virtuelles remplissent notre vie mais de quelle manière? Des êtres qui sont isolés, le sont moins à travers des publications, des partages, des "likes". Mais une fois l'écran éteint que restent-ils de ces heures passés avec ces photos?

Plus nous avons d'amis, de followers, d'abonnés et plus notre popularité prend de l'ampleur. A travers des vidéos notamment, beaucoup deviennent des héros du jour. De celui qui ramasse des détritus sur la plage, à celui qui dénonce des voisins peu scrupuleux en montrant en direct ses méfaits, internet est le miroir de notre propre vision.

Nous voyons de plus en plus de vidéo sur des leçons de vie, sur des êtres altruistes, dans le don. A travers des mises en scène, des êtres deviennent face à des inconnus qui souffrent des héros, des bienfaiteurs. Ils décident au hasard ou pas, cela leur appartient, de donner de l'argent, un vêtement, un sac de courses, à un être dans le besoin. Ces gestes de bonté, altruistes seront diffusés des milliers de fois. Des nouveaux héros sont nés, téléphone à la main, spontanés mais bon caméraman, ils filment leurs bonnes actions ou se font filmer par un tiers. 

Bien entendu, la première fois lorsque nous découvrons une vidéo dans ce genre, comme le sauvetage d'un animal blessé, notre coeur est soulagé. Nous sommes émus devant des images d'êtres qui reçoivent un cadeau inattendu qui va leur donner, on l'espère un coup de pouce dans leur chemin que nous ne connaissons pas mais qui semble difficile. Ce moment intime devient public, emportant chacun dans un émotionnel collectif, une vision du bien, de la bonne action. 

Mais qu'en est-il finalement? Qui flatte qui? Pourrions-nous dire que celui qui reçoit un cadeau est utilisé par celui qui fait le cadeau tout en le filmant et en prenant le bon rôle? Pourquoi se mettre en scène pour ses bonnes actions? Un être dénué d'intérêt, qui s'engage auprès des autres, qui donnent naturellement, a-t-il besoin de poster ou filmer son acte? Est-ce héroïque d'aider son prochain? Est-ce devenu héroïque de ramasser des plastiques sur la plage, d'aider un chien pris dans un filet, d'acheter un sandwich à un être qui mendie? Sommes-nous si éloignés de la réalité de notre coeur pour croire en ces gestes altruistes pour se mettent sur le devant de la scène.

Dès que nous faisons une bonne action, attendons-nous des 'like'? Etrange paradoxe ces nouveaux héros d'un jour. Doit-on applaudir un être qui décide de ramasser des détritus laissés par les autres? Si son intention est d'inviter les autres à le rejoindre, c'est une chose, il galvanise les gestes dits citoyens mais si son intention est de flatter son égo, ou d'inviter aux jugements des followers sur le non-respect de la Nature, le résultat ne sera pas le même. Nous en revenons à l'intention de départ qui est souvent un élan du coeur puis cette petite voix qui dit "filme" pour que les autres voient.

Ce besoin crée le buzz par les applications ou autres réseaux informatiques, plongent des générations en quête d'exceptionnel, ou l'émotion prend le pas sur la conscience. Vivre à travers son écran, à travers les actions filmées des uns et des autres nous éloignent de la spontanéité, de la créativité qui nous habitent naturellement tel un enfant.

Loin d'être pour ou contre ces pratiques qui viennent d'un élan bien entendu positif, cela nous permet de regarder d'un peu plus près ce qui nous anime et quel héros nous sommes au quotidien. Si cela permet aux followers de se tourner vers autrui, alors la mission est accomplie.

Rappelons que faire le bien n'a jamais eu besoin d'un public, être attentif à l'autre, prévenant, compatissant font parti des qualités qui viennent en nous ou que nous développons avec le temps. Des héros silencieux, il en existe des milliers qui sans y penser, sont tournés vers l'autre et non vers une popularité éphémère.

Le coeur n'a pas besoin de spectateurs, de commentaires, de "like", de followers. Il ne réfléchit pas, il donne. A force de penser à l'image que nous donnons de nous-même, nous risquons de devenir des pâles reflets de qui nous sommes profondément. 

Alors soyons des héros invisibles où les gestes, les pensées, les actions prennent le pas sur l'identité de celui qui donne. Merci à tous ces vrais héros qui vivent la vraie spiritualité au quotidien.

 

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